Pensionnat Shinichi

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 Café littéraire

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MessageSujet: Café littéraire   Ven 30 Déc - 14:54

Suite à une discussion fort intéressante sur la chatbox, j'ai décidé de me remettre à la rédaction des diverses nouvelles que j'ai pu entreprendre. Je n'en ai terminé aucune, jusqu'à présent, et me disait que ce serait peut-être l'occasion.
Aussi, je me suis dit qu'il serait peut-être intéressant de vous faire partager ces nouvelles, qui sont dans un style plutôt éloigné de celui du forum, puisque plutôt dans un style fantastique-réaliste.
Je mettrais à jour mes écrits au fur et à mesure de leur avancement, bien entendu.

Et je démarre par ma dernière nouvelle en date, débutée il y a un an, et totalement abandonnée depuis.

Citation :
Contente-toi de me regarder


Alors que de fins flocons de neiges se mettaient à tomber, nous étions sortis de l'immeuble. La nuit était noire, tranchée par endroits par les lumières trop espacées des réverbères. Le froid traversait nos vêtements aussi facilement qu'une balle traverse un carreau.
Ma main gauche, dont je ne sentais les extrémités commencer à se transir serrait ma lampe torche. Je n'osais gaspiller sa précieuse batterie, pourtant je peinais à voir où je mettais les pieds.
Maxime marchait sur la route, et non sur le trottoir, et cela ne me rassurait pas.

La rue était à présent dénuée d'éclairage et, alors que nous marchions dans les ténèbres, un flocon passa devant nos yeux. J'eus cette impression d'y voir la métaphore de ma vie, fine lueur dans l'immensité noire de la nuit, promise à disparaître...

Peut-être mon intuition était-elle fondée.

_______________________________________________________

Tout commençait quatre jours avant. Il était près d'une heure du matin, et j'étais assis dans mon lit. Mes écouteurs dans les oreilles, j'écoutais un vieil album de David Bowie, The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars, plus communément appelé Ziggy Stardust. Les chansons défilaient, et j'entendis soudain, à la fin de la septième piste, une phrase que j'ignorais jusqu'alors : dans un murmure, Bowie dit « Just watch me now ».

Je m'étonnais tout d'abord de n'avoir jamais entendu une phrase aussi puissante, et imaginais même la silhouette du chanteur, éclairée par un projecteur, son visage caché par l 'ombre de ses cheveux, prononcer ces quelques mots.
Pourtant, depuis que je possédais cet album, je n'avais, j'en étais certain, jamais entendu cette phrase. Je ne me considère pas comme quelqu'un d'obsessionnel, mais il fallait reconnaître que j'étais perturbé.

Je tâchai finalement de trouver le sommeil. Ce ne fut pas de tout repos. Mon insomnie semblait m'avoir rattrapé, et elle se combinait une fois de plus à mon imagination nocturne. Je revoyais l'image de tout à l'heure, cette silhouette cachée par sa propre ombre, qui me demandait de la regarder. Elle était sur mon fauteuil, me harcelant avec cette énergie propre au désespoir.

« Maintenant, regarde-moi. Contente-toi de me regarder. Je ne t'en demande pas beaucoup, tu sais... »

Je ne voulais qu'une chose, que ce rêve éveillé me laisse. Je voulais dormir. Je ne pouvais pas voir son visage, quand bien même je l'aurais voulu... Je fermai les yeux, et tout disparut, sauf cette image dans mon esprit d'un homme sans visage qui ne demandait qu'à être vu.

_______________________________________________________

Je rouvris les yeux alors que la journée était bien entamée. En dépit du froid hivernal, le ciel était bleu, et ensoleillé. Les vacances ont cette propriété de rendre le temps tout à fait élastique, puisqu'on perd l'habitude de le regarder. Je ne m'inquiétais donc pas de l'heure tardive, n'ayant pas d'impératif ce matin. Je pris ma douche tranquillement, puis une collation, vers 11h30. Puis je sortis, et pris ma voiture.
En début d'après-midi, je devais retrouver quelques amis. Ils avaient en tête de me sortir de chez moi, et de m'emmener faire une partie de laser-game. J'y allais à reculons, plus pour passer du temps avec eux que pour l'activité en elle-même. J'étais en avance, évidemment, étant sur place à midi alors que nous ne devions pas nous retrouver avant une heure.

Je me contentais d'attendre dans la voiture, et, en allumant la radio, je fus surpris de tomber sur Star, la chanson qui m'avait tant perturbé hier soir. Immédiatement, je changeais de station, peu désireux de renouveler l'expérience de la veille. Je tombais sur un bulletin d'information quelconque, mais frissonnais intérieurement, repensant bien malgré moi à cette douloureuse expérience.

Et si... Et si, derrière moi, cette silhouette attendait son heure, les mots magiques de la chanson pour me demander de la regarder ? Je tâchais d'oublier cette idée bien trop prégnante à mon goût, mais n'osais pas me retourner pour autant, ni regarder dans le rétroviseur intérieur. Je baissais légèrement la tête pour ne plus voir ce dernier, et écoutais attentivement la journaliste débiter les informations.
Soudain, un bruit proche me fit sursauter. Je me tournais vers sa source, paniqué, pour voir Maxime me saluer de la main, derrière la vitre. Je sortais de la voiture, en tremblant légèrement.

Nous fûmes rapidement rejoints par le reste de la bande, et arrivâmes dans la salle obscure mais néanmoins bien chauffée où allait se dérouler cette guerre ludique. Ignorant que la salle était éclairée par de la lumière noire, j'avais un magnifique t-shirt blanc, rendu violet fluorescent par l'éclairage. J'allais sans nul doute être extrêmement discret.

La partie avançait bien, et je dois dire que je prenais plus de plaisir que ce à quoi je m'attendais. Mais, en suivant la silhouette d'un des participants, je finis par arriver dans une section de la salle jusqu'alors inconnue. Je n'entendais plus la musique assourdissante diffusée par les baffles crachotant au passage leur saturation. La course de la personne devant moi s'était arrêtée. Je levais mon fusil vers lui, et tirais. Mais son plastron ne s'éclaira pas. Je réessayais, sans résultat.
Je me retournais alors, cherchant à revenir sur mes pas, la situation ne me rassurant pas le moins du monde. Je ne trouvais aucune issue, comme si les murs s'étaient refermés derrière moi.
Alors, lentement, je me retournais vers mon ancienne cible, levant vainement mon fusil-jouet en sa direction. La personne se retourna lentement, bien trop lentement.

« Regarde-moi, écoute-moi... »

Je distinguais ses contours dans la pénombre, la personne avançait vers moi, d'un pas saccadé. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, ou réalisait ce qu'il se passait, j'étais en train de buter contre les murs, en hurlant de peur. Puis deux mains se posèrent sur mes épaules, et me forcèrent à me retourner.

« REGARDE-MOI ! »

_______________________________________________________

Maxime ne trouvait plus son ami, la partie de laser-game était pourtant terminée, comme ne témoignait le retour de la lumière, et l'annonce micro invitant les participants à rendre les armes et à retourner à l'accueil. Il pensa d'abord qu'il avait déjà quitté la salle, mais se rendit compte qu'il se trompait quand il vit son groupe d'amis dehors, sans celui qu'il cherchait. Après un bref échange d'interrogations sans réponse, ils s'empressèrent d'aller voir le gérant de la salle pour signaler l'absence de leur ami. Ils arpentèrent bientôt tous la salle, à la recherche du disparu.
Tous étaient inquiets, à des niveaux différents. Le gérant craignait qu'un accident soit survenu et que cela nuise à la réputation de l'endroit, les autres davantage pour la santé de leur ami.
Il aurait pu arriver n'importe quoi dans la pénombre, au fond. Il y avait des tas d'inconnus, peut-être un déséquilibré en avait-il profité pour assouvir un vice quelconque.

Tout peut arriver...

A suivre, évidemment.
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